Le milieu communautaire de Saint-Michel se mobilise : « Le communautaire est à boutte » !
- communications4685
- 25 mars
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À l’occasion d’une journée de mobilisation provinciale, les organismes communautaires du quartier Saint-Michel ont remis une lettre collective directement à leur député. Leur message est clair : le secteur est à bout de souffle et réclame un financement à la hauteur de son rôle de filet social fondamental.
C’est un cri du cœur collectif qui résonne aujourd’hui dans Saint-Michel. Face à un sous-financement chronique qui fragilise les équipes et compromet l’aide directe à la population, les forces vives du quartier ont choisi d’interpeller directement le pouvoir politique. Cette démarche locale s'inscrit dans le vaste mouvement provincial « Communautaire à boutte », né à Shawinigan et Mékinac, et aujourd'hui présent dans toutes les régions du Québec.
Un rôle essentiel, mais invisible pour les budgets
Soutien aux personnes vulnérables, lutte contre l’exclusion, amélioration de la qualité de vie, cohésion sociale : les organismes de Saint-Michel sont partout. Qu’il s’agisse d’aide alimentaire, d’intégration des personnes immigrantes, de logement ou de soutien aux jeunes et aux familles, leur action quotidienne est indispensable pour maintenir la vitalité du quartier.
Pourtant, derrière ce dévouement se cache une réalité alarmante : des salaires insuffisants, une précarité liée au financement par projet et un manque de reconnaissance criant de l’expertise des travailleur·euses.
Pour corriger cette injustice, le milieu communautaire porte quatre revendications claires :
Des conditions de travail décentes pour les travailleur·euses.
Un financement récurrent à la mission.
La reconnaissance pleine et entière des organismes.
La protection de leur autonomie et la fin du financement précaire.
Paroles du terrain : la réalité du sous-financement à Saint-Michel
Pour comprendre l’urgence de la situation, il suffit de donner la parole à celles et ceux qui font vivre le quartier au quotidien. Leurs témoignages révèlent les conséquences concrètes de cette crise sur les services de proximité.
1. Des services menacés de fermeture
« Le manque de financement met en cause notre propre fonctionnement et risque de nous pousser vers la fermeture. Nos intervenant·es ne peuvent pas continuer à travailler avec peu de moyens et, à long terme, leur engagement est fragile. Pourtant, on était là quand les jeunes avaient besoin de nous, quand la communauté avait besoin de nous. »
— Mimoun Mohamed Noredine, Coordonnateur du Forum Jeunesse Saint-Michel
2. Des listes d’attente qui s’allongent pour les familles
« Dans notre réalité quotidienne, le manque de financement a des conséquences bien réelles : il nous oblige à limiter nos services alors même que les besoins ne cessent de croître. Cela signifie, concrètement, que des enfants et des familles qui demandent de l’aide se retrouvent sur une liste d’attente, ou sans réponse adaptée, simplement parce que nous n’avons pas les ressources nécessaires pour les accueillir tous·tes. »
« Comme intervenante, je ressens souvent un profond sentiment d’impuissance lorsque je dois dire à une famille qu’elle devra attendre, alors que je sais que le besoin est réel et urgent. »
— L'équipe de La Grande Porte
3. L'exclusion sociale des personnes vulnérables en jeu
« Chez Les Jumeleurs, on le constate chaque jour à quel point nos services sont indispensables pour nos membres, qui ont une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l'autisme. Ils et elles viennent jusqu’à cinq jours par semaine à l'organisme pour briser l’isolement, avoir un moment de répit hors de leur milieu familial, se sentir en sécurité, manger un repas chaud abordable ou simplement voir leurs ami·es. Pour plusieurs membres, on est leur principal filet social [...]. Sans financement adéquat à long terme pour notre mission, on risque de devoir réduire nos services et ce sont nos membres qui vont en payer le plus fort prix. On ne peut pas laisser ça arriver. »
— Stéfania Tremblay, Directrice générale, Les Jumeleurs / espace communautaire
4. Le poids de l'empathie et le travail non subventionné
« Notre organisme vient en aide aux victimes d'actes criminels et aux personnes marginalisées. Nous survivons sans aucune subvention et la présidente du CA reçoit une minime compensation financière qui équivaut à 10 % de ce qu'elle gagnerait au privé alors que certain·es de nos usager·ères peuvent être en danger de vie. Il est temps que le communautaire cesse de payer dû à notre empathie et notre vouloir d'aider. Être pris·e en otage par un gouvernement qui nous néglige nuit à l'ensemble des citoyennes et citoyens du Québec, et nous en faisons partie. »
— Sheila Turcotte, Présidente, Projetcian
5. Un roulement de personnel qui brise la continuité
« Le sous-financement favorise le roulement du personnel, qui nous empêche de faire et d'assurer la continuité des services et activités offerts à nos membres. Nous avons besoin d’aide pour améliorer nos conditions de travail. »
— Deborah Bernadette Mbombo, AQDR Saint-Michel
6. La dignité des personnes aînées en péril
« Nos trois associations témoignent que le communautaire offre un filet de sécurité. Nous apprécions la présence de l'ITMAV [Initiatives de travail de milieu auprès des aînés en situation de vulnérabilité] dans notre milieu de vie une fois par semaine pour nous aider dans plusieurs sphères de vie [...]. Elles brisent notre isolement, protègent notre dignité et nous aident à rester dans la communauté. »
— Les associations de locataires des HLM André-Corneau, Laure-Conan et Gabriel-Sagard, en collaboration avec l'ITMAV CP St-Michel
7. Des heures supplémentaires invisibles pour nourrir le quartier
« Le sous-financement a un impact concret sur notre organisme. Nous faisons régulièrement des heures supplémentaires qui ne sont pas rémunérées afin de répondre aux besoins de la communauté. Une grande partie de nos activités repose sur les dons, et nous manquons de ressources financières pour acheter des produits de base pour les paniers alimentaires. Malgré l’augmentation des besoins, nos moyens restent insuffisants... »
— Le Carrefour populaire de Saint-Michel
Une attente forte de réponses concrètes
Par cette lettre ouverte et cette action de terrain, les travailleuses, travailleurs et gestionnaires du communautaire espèrent susciter une prise de conscience immédiate et une réponse politique à la hauteur de la crise actuelle.
Pour en savoir plus sur les revendications et le mouvement national, vous pouvez consulter la documentation officielle sur aboutte.info/documentation.

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